Lexique

Qu’est-ce que le stress?

Définition du stress
Nous définissons le stress comme un déséquilibre conscient et durable entre les exigences posées à un individu et les moyens / possibilités (ressources) dont celui-ci dispose pour faire face à ces exigences. Ce déséquilibre est perçu comme étant désagréable et entraîne des conséquences négatives pour l’individu.

Par stress, nous entendons le stress négatif, celui qui rend malade et qui, sur la durée, bloque les ressources naturelles de la personne, diminue son efficacité et nuit également à l’entreprise.

Le stress découle du ressenti subjectif individuel de

  • ne plus être en mesure de diriger positivement ses actions ou
  • de ne pas trouver des solutions adéquates aux problèmes.
Gestion du stress
Lorsque des tensions et des déséquilibres apparaissent entre les exigences et les ressources, les gens peuvent fondamentalement réagir de deux façons:

On s’adapte aux exigences, par exemple en

  • travaillant plus longtemps pour exécuter un ordre
  • fixant les priorités différemment
  • acquérant les connaissances nécessaires

On essaie de modifier les exigences, par exemple en

  • persuadant son chef de donner l’ordre à une autre personne, ou
  • en obtenant plus de temps pour gérer la situation.

Le but de l’adaptation est de réduire les déséquilibres et de créer un nouvel équilibre entre soi-même et l’environnement.

Réactions au stress
L’individu réagit au déséquilibre qu’il considère comme une menace et qu’il ne peut pas influencer

  • au niveau physique, par exemple par la sécrétion d’hormones, la hausse de la tension artérielle et du rythme cardiaque, etc.,
  • au niveau psychologique, par exemple en faisant une fixation sur le problème perçu comme une menace,
  • au niveau psychique, par des sentiments de détresse, d’insécurité et d’angoisse,
  • au niveau comportemental, par la fuite, l’inaction ou la lutte.

La réaction de l’organisme constitue en soi un processus logique destiné à aider la personne à réagir mieux et plus rapidement afin de rétablir son équilibre initial. Avec le temps, le stress rend malade, tant sur le plan physique, que psychique et psychologique.

Les signaux de stress

Signaux de stress physiques
  • Maux de tête
  • Transpiration accrue (aisselles, mains, tête, torse) sans effort physique
  • Gorge et/ou bouche sèche
  • Troubles sensoriels (vue ou ouïe)
  • Fatigue générale
  • Epuisement rapide
  • Troubles du sommeil
  • Problèmes gastriques, problèmes de digestion
  • Problèmes respiratoires
  • Pouls rapide, palpitations, point au cœur
  • Problèmes cardiovasculaires
  • Vertiges
  • Troubles circulatoires, mains ou pieds froids
  • Troubles sexuels
  • Augmentation générale des problèmes de santé et de maladies de tous types
Signaux de stress psychiques, émotionnels
  • Insatisfaction générale
  • Nervosité, irritation, impatience, susceptibilité accrue
  • Colère, agressivité
  • Pessimisme, abattement, état dépressif
  • Sentiment d’être trop sollicité
  • Manque de confiance en soi
  • Sentiment de détresse
Signaux de stress psychologiques
  • Manque de concentration, pensées dispersées
  • Trous de mémoire
  • Indécision
  • Perspective limitée ou à court terme, manque de planification à long terme
  • Difficulté à accepter la nouveauté
Signaux de stress comportementaux
  • Dysfonctionnement de la communication, tensions, disputes, mobbing
  • Climat général de méfiance, envies, jalousies
  • Difficulté à travailler en équipe, isolation sociale
  • Augmentation des incidents et des accidents
  • Baisse des performances
  • Renoncement aux pauses, travail pendant le temps libre, « workaholisme »
  • Présentéisme
  • Mauvaise alimentation, manque d’exercice
  • Augmentation des addictions (alcool, nicotine, drogues)
  • Chapardage, vandalisme
  • Démission interne, service réduit au strict minimum
  • Taux d’absentéisme / de maladie en augmentation
  • Fluctuation du personnel
Maladies dues au stress
Outre les signaux de stress mentionnés, le stress chronique peut engendrer des maladies graves:

  • Maladies cardiovasculaires
  • Maladies gastro-intestinales
  • Diabète
  • Troubles musculo-squelettiques
  • Dépression ou angoisses maladives

Dans ce contexte, on entend aujourd’hui de plus en plus souvent parler de burnout.

Le burnout correspond à un état d’épuisement. Il ne s’agit pas d’une maladie psychique reconnue, mais d’un risque de contracter une maladie psychique ou physique, risque qui se développe de manière insidieuse.

Tout commence par un grand engagement et par une performance accrue, qui aboutissent à un épuisement total. Les personnes concernées ne remarquent souvent pas le développement d’un burnout.

Les causes du burnout sont un mélange de stress intense et durable, d’une gestion inappropriée de ce stress et d’un manque de repos.

Trois éléments caractérisent le burnout:

  • L’épuisement émotionnel est la caractéristique principale: il désigne le sentiment d’épuisement et d’affaiblissement émotionnel, physique et psychologique qui fait que les personnes concernées ont l’impression d’être lessivées.
  • Le cynisme ou la prise de distance, qui correspond à une attitude indifférente, distancée face au travail (clients, patients, tâches, etc.).
  • Des performances individuelles réduites, qui correspond au sentiment d’être toujours moins efficace malgré des efforts importants: la confiance en ses propres capacités disparaît.

Causes de stress et ressources

Stress induit par le travail

Tâches
Les tâches elles-mêmes peuvent se révéler stressantes, cela ne se limitant pas à leur quantité ou à leur difficulté. Les entreprises ont tout intérêt à se pencher sur cette question.
Organisation du travail
La manière dont le travail est organisé influence l’investissement et l’énergie nécessaires à l’exécution des tâches. Les problèmes liés à l’organisation du travail concernent par exemple les domaines suivants:

  • Horaires de travail
  • Structures de l’entreprise
  • Processus de travail
  • Qualification
  • Soucis quotidiens sur le lieu de travail
  • Communication

Horaires de travail

  • Horaires de travail prolongés
  • Travail pendant le temps libre (accessibilité permanente)
  • Planning défavorable, travail de nuit ou le week-end
  • Nombreuses heures supplémentaires, jours de vacances non utilisés
  • Horaires de travail rigides ou très variables
  • Horaires de travail imprévisibles, travail sur appel

Réglementations ou structures de l’entreprise

  • Compétences, responsabilités et interfaces mal définies
  • Mandats peu clairs ou contradictoires (par exemple gagner une satisfaction maximale chez les clients sans aucune marge de manœuvre décisionnelle)
  • Absence de cahiers des charges ou cahiers des charges irréalistes, outils de travail inadaptés ou ressources insuffisantes
  • Absence de règles pour la procédure à suivre en cas de problèmes et de conflits, pas d’interlocuteur de confiance

Processus de travail

  • Division exagérée du travail: le travail est fractionné en petites étapes isolées, il n’y a pas de vision globale logique.
  • Interruptions et perturbations fréquentes
  • Impossibilité de prévoir et de planifier le travail, forte fluctuation de la quantité de travail, les contraintes empêchent l’exécution des tâches

Qualification

Surcharge: absence d’introduction au travail, consignes superficielles et insuffisantes, perfectionnement lacunaire.

Manque de sollicitation: les compétences et les aptitudes sont difficiles ou impossibles à utiliser.

Soucis quotidiens sur le lieu de travail

Il s’agit souvent de soucis apparemment sans importance dans le quotidien professionnel qui, sur la durée ou en s’additionnant les uns aux autres, deviennent la goutte qui fait déborder le vase, par exemple

  • des outils de travail qui fonctionnent mal (logiciels, etc.),
  • des petits heurts,
  • des outils de travail égarés,
  • des réponses tardives aux demandes adressées aux collègues et aux supérieurs.

Communication

  • Information inexistante, incomplète, fausse ou tardive concernant les intérêts essentiels de l’entreprise et le travail (par exemple changements)
  • Implication insuffisante des collaborateurs dans les processus de changement et dans les développements selon leur niveau de responsabilité
  • Communication à sens unique, du haut vers le bas de l’échelle
  • Absence de véritables entretiens ou difficulté à obtenir de tels entretiens
  • Impossibilité de traiter les problèmes et les conflits
  • Opacité des canaux de communication
Climat au travail
Une mauvaise collaboration et une culture d’entreprise médiocre perturbent le climat de travail.

Collaboration

  • Il n’y a ni le temps ni la place pour des relations interpersonnelles normales
  • La considération et le soutien font défaut et ne sont pas encouragés
  • L’égoïsme est récompensé (par exemple «Pourquoi me soucier des autres si tout va bien pour moi»)
  • Les conflits ne sont pas réglés, ils sont ignorés
  • Les taquineries, les intrigues et le mobbing s’épanouissent sans que personne n’intervienne
  • Isolement social (par exemple places de travail individuelles isolées)
  • Exclusion sociale (par exemple ne plus prendre la pause avec quelqu’un)
  • Trop de contacts sociaux amènent à un débordement, ne laissent plus le temps d’exécuter toutes les tâches

Culture d’entreprise

  • Les valeurs comme le respect, le fair-play, la franchise et la transparence n’ont pas cours
  • Les atteintes aux valeurs de base ne sont ni sanctionnées ni corrigées
  • La critique est étouffée
  • Certaines personnes ou groupes sont traités de manière injuste (discrimination en raison du sexe, de l’âge, de la religion, etc.)
Direction
Les lacunes au niveau de la direction, comme le manque de considération, l’évaluation injuste et le manque de soutien lors de conflits, font fréquemment partie des causes de stress sur le lieu de travail.

Comportement des supérieurs

  • Les supérieurs se comportent de façon autoritaire, sans respect et sans prendre en compte les collaborateurs
  • Les supérieurs agissent sans ligne clairement définie, fixent trop peu de limites, ne prennent pas clairement position et laissent les choses se faire (laisser-aller)
  • Les supérieurs n’apportent ni soutien ni appui quand cela s’avère nécessaire
  • Les supérieurs bloquent les propositions et les critiques des subordonnés

Appréciation

  • Les bonnes performances ne sont ni reconnues ni récompensées
  • La critique est la seule forme de feed-back («Si je ne dis rien, c’est que tout est en ordre»)
  • La majorité des collaborateurs jugent les salaires inadaptés ou même indécents
  • Les systèmes et les procédures d’appréciation manquent de transparence, les évaluations ne sont pas compréhensibles

Perspectives d’avancement et de perfectionnement

  • Les collaborateurs sont insuffisamment formés pour les tâches qui leur incombent
  • Il n’y a ni perspective de développement ni stratégie dans ce domaine
  • Manque de soutien en période de restructuration ou de changement d’organisation
Environnement de travail

Les facteurs extérieurs influençant le poste de travail peuvent également contribuer à l’apparition de stress.

  • Les influences extérieures, comme le bruit, les odeurs, les courants d’air, le froid, la chaleur, le mauvais éclairage (éblouissement, reflets), sont gênantes car elles demandent un effort supplémentaire pour l’accomplissement du travail
  • Mauvaise ergonomie de la place de travail, forte densité d’occupation (place étroite)
Equilibre entre vie professionnelle et vie privée
L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée peut être sensiblement perturbé lorsque les exigences professionnelles sont si élevées qu’elles nuisent à la qualité de la vie privée. Le travail en tant que source de revenu occupe souvent la première place. La surcharge professionnelle conduit à une diminution du temps et de l’énergie consacrés à la vie privée, avec les conséquences que cela implique au niveau de la famille, du conjoint et des amis.

Pour maintenir l’équilibre, il est important de prendre du temps pour soigner les relations sociales, poursuivre une activité physique, garder une alimentation et des distractions saines. Il peut s’avérer nécessaire de donner la priorité au travail pendant une brève période, mais cela devient très problématique à moyen et à long terme, car nous risquons de ne plus pouvoir recharger entièrement nos batteries.

Il en résulte des conséquences négatives sur la vie privée, mais aussi sur la performance professionnelle. L’équilibre est donc également nécessaire pour être en forme au travail.

Ressources liées au travail

Marge de manœuvre
Une grande marge de manœuvre au niveau de l’organisation personnelle du travail permet d’agir contre le stress. Exemples de domaines offrant une marge de manœuvre:

  • Organisation du temps et des pauses
  • Méthodes et procédures de travail (comment est-ce que j’accomplis mon travail?)
  • Ordre des activités, rythme de travail et taux d’activité
  • Participation aux décisions relatives à l’organisation du travail
Soutien social
Le soutien social, comme l’aide des collègues ou des supérieurs (appui), est particulièrement précieux dans les situations difficiles et stressantes.
Il s’agit, d’une part, d’une aide concrète, matérielle ou technique, et, d’autre part, d’un soutien émotionnel, comme l’écoute ou la présence.
Reconnaissance et considération
La considération est une ressource importante (par exemple félicitations du chef pour un travail excellent ou un travail supplémentaire, respect des compétences, implication dans les décisions importantes, etc.). Elle fait partie des principales ressources dont une personne peut bénéficier au travail et qui contribuent sensiblement à son bien-être.

Causes de stress personnelles et privées

Evénements marquants de la vie
  • Maladie grave ou décès d’une personne proche
  • Maladie grave de la personne elle-même
  • Problèmes de couple (lourd désaccord, divorce)
  • Impact de problèmes professionnels (démission ou licenciement)
  • Problèmes financiers
Ennuis quotidiens
Il s’agit souvent de soucis apparemment sans importance dans le quotidien privé qui, sur la durée ou en s’additionnant les uns aux autres, deviennent la goutte qui fait déborder le vase. Exemples:

  • Des affaires égarées (par exemple lunettes de lecture, chargeur de téléphone portable, etc.)
  • Des retards aux rendez-vous
  • De petits heurts à répétition dans la famille ou le voisinage
Attentes d'autrui
Outre notre rôle professionnel, nous assumons également différents rôles dans la vie privée. Nous sommes par exemple partenaires, pères ou mères, collègues, présidents d’association ou membres de commissions scolaires. Tous ces rôles sont liés à des attentes qui, dans certaines situations, nous dépassent:

  • Trop d’exigences: les attentes vis-à-vis d’une personne sont trop nombreuses ou trop élevées
  • Conflits: les différentes attentes sont contradictoires et une personne ne peut pas y répondre en même temps;
  • Incertitude: qu’est-ce qu’on attend de moi au juste?
Relations sociales
Les problèmes au niveau des relations sociales sont susceptibles de demander beaucoup d’énergie et de constituer des causes de stress significatives.

  • Difficultés de couple (par exemple éloignement, conflits permanents, etc.)
  • Perte d’amitiés
  • Personne à qui confier ses soucis et ses interrogations
  • Isolement
Equilibre entre vie privée et vie professionnelle
L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle peut être sensiblement perturbé lorsque les exigences de la vie privée sont trop élevées (par exemple enfant malade, ne pas manquer une fête, conflits des rôles).

A long terme, cette perturbation a des effets négatifs sur le repos et sur l’état de santé et nuit non seulement au travail, mais aussi à la vie privée.

Ressources personnelles et privées

Confiance en ses propres capacités
Le sentiment de pouvoir réaliser quelque chose par soi-même, ou sentiment d’efficacité personnelle, est une ressource très puissante. Il s’agit de la conviction d’être capable de gérer avec succès différentes situations et exigences. En revanche, le doute relatif aux aptitudes personnelles peut déclencher des angoisses et conduire à négliger certaines actions nécessaires.
Optimisme
Les personnes optimistes ont confiance en leur propre capacité d’action et pensent que leur environnement leur est favorable. Elles disposent donc de bonnes conditions pour aborder et maîtriser activement leurs tâches et pour persévérer. Cette attitude leur procure des émotions positives. L’optimisme équivaut à faire confiance à l’issue favorable des choses.
Résilience
La résilience est la capacité de résistance face aux fardeaux de la vie. Les personnes résilientes disposent de ressources personnelles et d’autres ressources issues de leur environnement dans les moments difficiles et les crises. Elles sont confiantes, poursuivent leur chemin, sont ouvertes à la nouveauté, avancent pas à pas et de manière ciblée, adoptent une approche orientée vers les solutions, communiquent avec les personnes de leur entourage et participent activement aux processus de changement.
Attention accordée aux relations sociales
De bonnes relations sont importantes pour notre bien-être. Vivre quelque chose avec d’autres personnes apporte davantage de joie. Les échanges avec les autres permettent d’élargir son point de vue et peuvent constituer un soutien dans les situations difficiles. Les bonnes relations sont source d’énergie.

En règle générale, on fait la distinction entre soutien matériel (par exemple fournir des informations, reprendre une charge de travail d’autrui, prêter de l’argent) et soutien émotionnel (par exemple écoute, empathie, etc.).

Gestion du stress
La capacité à bien gérer le stress fait partie des ressources personnelles les plus importantes.

Gestion du stress ciblée sur le problème: si vous pensez être en mesure de lutter contre la source du stress, n’hésitez pas à agir (faire des projets, définir les priorités, déléguer des tâches).

Gestion du stress ciblée sur les émotions: si vous ne voyez aucun moyen d’agir directement contre la source du stress, le fait de maîtriser vos propres sentiments (peurs, colères, appréhensions) peut la plupart du temps constituer une aide. Respirez profondément à trois reprises, relativisez, lâchez prise et orientez vos forces vers des objectifs prometteurs.

Mesures pour éliminer le stress

Mesures personnelles

Changement de la façon de penser et de l'attitude
Nous sommes stressés par certaines activités rien qu’en y pensant. Ce phénomène varie beaucoup d’un individu à l’autre. Dans ces situations justement, au lieu de se concentrer sur les pensées négatives, il peut être utile de rester calme et de réfléchir à la manière dont il est possible d’aborder le problème avec une attitude positive.

Quelques conseils

Il est utile de s’attaquer aux défis de la vie professionnelle avec une bonne dose d’optimisme et de volonté d’action. Les éléments suivants vous y aideront:

  • Je m’interroge sur ce qui me stresse à ce point et pourquoi, et si je n’en «rajoute» pas un peu.
  • S’agit-il d’exigences venant de l’extérieur ou de mes propres exigences (trop élevées)?
  • Je divise le problème en une série de petits problèmes et je réfléchis comment aborder ces derniers (procédé concret, demande d’aide, etc.).
  • Je formule des objectifs (partiels) clairs, accessibles et vérifiables.
  • Je me remémore le sens de mon activité.
  • Je prête attention aux feed-back. J’essaie d’appliquer les feed-back constructifs pour bénéficier de leurs effets positifs.
  • Je prends acte de mes réussites et je m’en félicite.
  • Je considère les erreurs et les déviations de mes objectifs comme une opportunité d’apprendre.
  • Je ne fais qu’une seule chose à la fois.
  • Je me souviens non seulement des événements négatifs, mais aussi des réussites.
Résolution de problèmes et de conflits
Les problèmes et les conflits non résolus peuvent susciter un stress intense. Ils occupent l’esprit, détournent l’attention et pèsent sur le moral. Voici un exemple de marche à suivre pour aborder les problèmes:

Etape 1: Déceler le problème et le décrire

Répondez pour vous-même aux questions suivantes:

  • Comment est-ce que je vis le problème?
  • Quelles causes est-ce que je peux identifier?
  • Qui est concerné?
  • Comment d’autres personnes de mon entourage perçoivent-elles le problème?

Etape 2: Définir des objectifs

  • Qu’est-ce que je souhaite changer concrètement?
  • Quelle devra être la situation après la résolution du problème ou du conflit?

Etape 3: Trouver des solutions possibles

  • Rassemblez différentes idées de solutions possibles, même si elles vous semblent irréalisables.
  • Ne vous satisfaites pas de la première solution qui vous vient à l’esprit, évitez les jugements trop hâtifs.
  • Développez éventuellement des idées de solution en en discutant avec d’autres personnes.

Etape 4: Evaluer et décider

  • Evaluez les idées en fonction de vos critères (avantages, inconvénients, importance personnelle, faisabilité, etc.).
  • Réfléchissez à ce que vous pouvez influencer et ce que vous ne pouvez pas.
  • Choisissez la meilleure solution.

Etape 5: Planifier et réaliser

  • Comment procéder et dans quel ordre (planifier)?
  • Appliquez ce que vous avez prévu.
  • Ne vous laissez pas dissuader trop rapidement par des obstacles et des oppositions.

Etape 6: Terminer et tirer un bilan

  • Quels sont les résultats?
  • Si la solution n’est pas satisfaisante: qu’est-ce qui n’a pas fonctionné?
Gestion du temps
Si vous n’avez jamais suffisamment de temps et que vous ne parvenez pas à finir tout ce que vous vouliez et deviez faire, si le temps libre, la famille et les vacances en pâtissent, il peut s’avérer utile de réfléchir à votre façon de gérer votre temps.

Vous pouvez par exemple vous poser les questions suivantes:

  • Dans quel(s) domaine(s) précis est-ce que je manque de temps?
  • Pourquoi?
  • Dois-je toujours répondre présent(e)? Que se passerait-il si je n’étais pas là? Est-ce que je ne peux pas simplement demander que l’on m’informe, me renseigner de façon ciblée et accorder ma confiance?
  • Qu’est-ce qui est réellement important? Pourquoi?
  • Est-ce que je fais des choses à la place des autres? Si oui, pourquoi? Est-ce que je le fais parce que je ne parviens pas à dire non ou parce que cela me manquerait si je ne le faisais plus?
  • Suis-je capable de dire non? Si non, pourquoi?
  • Ai-je prévu du temps pour l’imprévu?
  • Est-ce que je prends suffisamment le temps de réfléchir avant d’agir (pas de précipitation)?
  • Comment est-ce que je gère les interruptions? Ai-je planifié des périodes sans dérangements?
  • Est-ce que je termine les tâches que j’ai commencées ou est-ce que je les abandonne en cours de route pour me lancer dans quelque chose d’autre?
  • Est-ce que je reporte souvent des choses? Pourquoi ne pas les commencer simplement?
  • Est-ce que j’ai une vue d’ensemble suffisante de mes tâches et de mes problèmes?
  • A quel point mon travail doit-il être parfait? «Satisfaisant» ne suffirait pas?
  • Est-ce que je m’occupe des bonnes tâches? Est-ce que je distingue les choses importantes (prévoir suffisamment de temps et à effectuer par soi-même) des choses urgentes (à traiter immédiatement ou à déléguer si possible)?
Détente
Les trois dimensions physique, psychique et psychologique sont étroitement liées et interagissent pour procurer un sentiment de bien-être.

Détente par des exercices de relaxation

La détente physique est une condition essentielle pour prévenir et éliminer le stress.

  • Exercices respiratoires
  • Détente musculaire
  • Entraînement autogène

Détente par l’exercice physique

Le mouvement contribue à la détente et constitue une aide précieuse pour retrouver l’équilibre.

  • Une promenade permet souvent de débloquer les problèmes et de prendre la bonne décision, même si elle consiste seulement à sortir un petit moment pour prendre un peu d’air frais.
  • La position assise devrait être interrompue régulièrement, une fois par heure si possible, par un peu de mouvement.
Condition physique
Une bonne condition physique permet de prévenir le stress et aide à éliminer celui-ci.

Le corps devrait être mis à contribution régulièrement, à savoir plusieurs fois par semaine. Course à pied, marche intensive, vélo ou natation – tout sport d’endurance est utile.

Alimentation
Une alimentation équilibrée aide à mieux en finir avec le stress. L’idéal est de se conformer aux indications de la pyramide alimentaire.

Conseils alimentaires généraux:

  • Buvez au moins 1 litre, mais au mieux 2 litres, par jour (boissons non sucrées, sans alcool, par exemple eau, tisanes).
  • Préférez les produits naturels, non raffinés (par exemple légumes, salades, fruits, pain complet, flocons d’avoine, pommes de terre). Vous favoriserez ainsi votre digestion par l’apport suffisant de fibres.
  • Chacun des trois repas principaux devrait contenir une source de protéines (par exemple lait et produits laitiers, œufs, poisson, viande ou légumineuses). La viande ne devrait pas figurer au menu plus de quatre fois par semaine.
  • Préférez les huiles végétales de grande qualité (par exemple huiles de colza, d’olive).

Mesures au niveau de l’organisation

Organiser les tâches
Lors de l’organisation des tâches, observez les points suivants:

  • Eviter la surcharge et le manque de sollicitation tant au niveau quantitatif qu’au niveau qualitatif, et adapter les tâches aux capacités des employés
  • Définir un planning de travail et des délais réalistes
  • Eviter les exigences et les instructions contradictoires ou peu claires et s’assurer que les collaborateurs ont bien compris ce que l’on exigeait d’eux
  • Veiller à ce que les tâches soient variées
  • Organiser les tâches de manière à faire appel à diverses aptitudes et capacités
  • Eviter les activités très répétitives, trop fractionnées (petites étapes isolées)
  • Elargir les tâches («job enrichment») des collaborateurs par le développement de compétences et le transfert de responsabilités, tout en veillant à garantir l’apprentissage requis et à accorder le temps nécessaire
  • Permettre une activité globale allant de la planification à la vérification
Organiser le travail
Lors de l’organisation du travail, observez les points suivants:

  • Vérifier et, si nécessaire, retravailler les cahiers des charges et les descriptions de fonctions
  • Contrôler et optimiser régulièrement l’organisation, les processus, les outils et les techniques de travail afin d’éviter les pertes de temps et d’énergie
  • Eliminer les interruptions (dans la mesure du possible et du raisonnable), par exemple en installant des blocs de travail sans nuisances
  • Introduire / renforcer les processus orientés vers le travail d’équipe
  • Démystifier les horaires de travail exagérés («Seul celui qui travaille soirs et week-ends prend vraiment son travail au sérieux»)
Créer un climat de travail
Lors de la création du climat de travail, observez les points suivants:

  • Soigner les valeurs comme le respect, le fair-play, la franchise et la transparence et sanctionner leur violation
  • Mettre un terme de manière conséquente aux comportements irrespectueux et aux abus (par exemple mobbing, propos sexistes)
  • Encourager la collaboration de manière ciblée (développement de l’esprit d’équipe)
  • Favoriser la considération et le soutien mutuel
  • Traiter les conflits et entretenir ainsi des relations constructives
  • Accorder du temps et de l’espace aux échanges et aux relations formels et informels
Optimiser la direction
Dans vos tâches de conduite, observez les points suivants et montrez l’exemple:

  • Prendre au sérieux la charge de travail et l’alléger (pas de journées de travail de 10 heures, pas d’informations aux collaborateurs après la fin du travail)
  • Prendre en considération l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, veillez à un repos suffisant, etc.
  • Associer les collaborateurs aux aspects importants du travail (participation)
  • Vérifier l’utilité et le sens des consignes et des directives en place
  • Mener des entretiens réguliers avec les collaborateurs afin d’évaluer l’avancement du travail (pas seulement une fois par an)
  • Conduire par des conventions d’objectifs en mettant l’accent sur des objectifs exigeants, mais réalistes
  • Confier des compétences et des responsabilités dans des domaines clairement définis
  • Prendre au sérieux les collaborateurs qui déclarent être surchargés ou qui font part de conditions de travail dérangeantes
  • Résoudre les conflits touchant à la collaboration
  • Donner des feed-back constructifs
  • Exprimer la considération portée aux collaborateurs
  • Autoriser les objections et le «non» des collaborateurs
  • Considérer les collaborateurs selon leur potentiel, encourager et promouvoir ces derniers de manière ciblée
  • Développer et perfectionner en permanence les compétences de conduite
Optimiser l'environnement de travail
Les points suivants contribuent à l’optimisation de l’environnement de travail:

  • Prendre en compte les aspects liés à la sécurité
  • Ne pas négliger les principes de l’ergonomie: bruit, distraction par des conversations / entretiens téléphoniques, lumière, température, odeurs, courant d’air
  • Veiller à un espace suffisamment grand
  • Mettre à disposition des espaces de repos

Résistances

Obstacles et résistances externes
  • Pas d’analyse minutieuse de la situation actuelle
  • Reprise d’un «programme standard» prêt à l’emploi qui n’est pas adapté à la situation de l’entreprise
  • Mauvaise communication et manque de confiance au sein de l’entreprise
  • Manque d’engagement de l’entreprise et de ses dirigeants
  • Manque de ressources personnelles, temporelles ou financières
  • Participation obligatoire aux interventions (par exemple cours sur le stress)
  • Manque de participation des collaborateurs
  • Culture d’entreprise inerte, réticente aux changements
  • Manque de persévérance des responsables et des dirigeants
  • Individualisation des problèmes (recherche de coupables)
Résistances internes
  • Trop peu de force ou de courage pour agir soi-même
  • Attitude pessimiste («je ne peux de toute façon rien changer»)
  • Peur des conflits et des affrontements
  • Autoévaluation trop optimiste («je le fais haut la main»)
  • Relâchement précipité des efforts avant que les mesures aient porté leurs fruits

Il existe diverses mesures permettant de surmonter les obstacles et les résistances. Voici les principaux facteurs de réussite:

  • Encouragement de l’engagement commun de tous les participants: management, cadres, collaborateurs
  • Mise en œuvre au quotidien dans les activités opérationnelles de l’entreprise
  • Information transparente, régulière et adaptée à chaque échelon concernant le déroulement du projet
  • Formation de personnes internes chargées d’accompagner le processus et de l’établir durablement dans l’entreprise
  • Promotion des échanges et de la constitution de réseaux en dehors de l’équipe et de l’unité organisationnelle
  • Soutien par des conseillers externes pour identifier les zones d’ombre

Conditions d’une prévention durable du stress:

  • Les mesures et leur mise en œuvre doivent correspondre à la culture et à la stratégie de l’entreprise et être crédibles pour les collaborateurs
  • L’engagement de la direction de l’entreprise en faveur des objectifs de la prévention du stress et la volonté de changer les choses doivent être assurés
  • Le moment choisi pour la mise en œuvre des mesures doit être approprié
  • La prévention du stress doit être planifiée et l’engagement durable
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Rapports scientifiques